Dans une démarche proactive contre le gaspillage alimentaire, une loi a été promulguée pour obliger les restaurateurs à offrir des "doggy bags" à leurs clients. Cette initiative permet aux convives d'emporter leurs restes alimentaires après le repas.
À partir du 1er juillet 2021, si vous n'avez pas fini votre plat, vous pourrez demander un "doggy bag" pour emporter ce qui reste. Les restaurateurs sont désormais tenus de vous fournir ces contenants sur demande. Mais qu'est-ce qu'un "doggy bag" exactement ? Il s'agit d'un contenant spécialement conçu pour transporter vos aliments non consommés, afin d'éviter leur gaspillage. Cette loi impose également que ces contenants soient réutilisables ou recyclables.
Une solution pour lutter efficacement contre le gaspillage
L'idée de réduire le gaspillage alimentaire grâce aux "doggy bags" émane d'une recommandation de 2016. En effet, depuis le 1er janvier 2016, les entreprises de restauration étaient encouragées à adopter cette pratique pour réduire le volume de biodéchets, en particulier pour celles servant entre 150 et 200 couverts par jour.
Aujourd'hui, l'utilisation des "doggy bags" est devenue une obligation légale. En France, le secteur de la restauration joue un rôle majeur dans le phénomène du gaspillage alimentaire. Une étude menée par l'Ademe indique que 40 % du gaspillage alimentaire observé dans les assiettes concerne les repas pris à l'extérieur, bien que ce segment ne représente que 15 % du total de la consommation alimentaire.
#OzTaBoîte : ramener son contenant au resto pour limiter le gaspillage
Un collectif, constitué de trois associations, a lancé l'initiative OzTaBoîte pour inciter les consommateurs à apporter leurs propres contenants lorsqu'ils vont récupérer leur commande, visant ainsi à réduire le gaspillage d'emballages alimentaires.
Le doggy bag à l'épreuve des habitudes françaises
Bien que le doggy bag soit déjà très courant aux États-Unis et en Asie, cette pratique peine à s'implanter dans les habitudes françaises. Les restaurateurs ressentent encore quelques réticences, invoquant principalement des préoccupations relatives à l'hygiène et à l'éducation. Selon Denis Courtiade, directeur de la salle au restaurant d'Alain Ducasse au Plaza Athénée, « Aux États-Unis et en Asie, les portions sont souvent plus généreuses et les plats sont préparés pour être partagés, alors qu'en France, les assiettes sont généralement plus petites et plus raffinées. Dans de nombreux foyers, les enfants apprennent dès leur jeune âge à terminer ce qu'ils ont dans leur assiette. »
Ajoutons à cela le scepticisme des clients français à l'égard des "doggy bags". D'après un sondage de 2014 réalisé par YouGov, 33,8 % des Français considèrent cette pratique comme superflue, 15,1 % la trouvent « radine », 11,1 % l'assimilent à un comportement impoli, et 5,1 % évoquent des problèmes d'hygiène. Reste à voir si les mentalités ont évolué depuis cette enquête en faveur des "doggy bags".







