Un groupe de scientifiques belges et français a mis en évidence un mécanisme clé lié à la sensation de satiété. Selon leurs recherches, publiées dans Nature Communications le 28 janvier, une enzyme intestinale pourrait expliquer notre attirance irrésistible pour des aliments riches en graisses. Si cette enzyme est défaillante, la sensation de faim s'amplifie, entraînant une surconsommation et potentiellement un excès de poids.
le rôle crucial de NAPE-PDL
L'enzyme en question, appelée N-acyl phosphatidylethanolamine phospholipase D ou NAPE-PDL, joue un rôle fondamental dans la régulation de l'appétit. Produite dans l'intestin, elle transmet des signaux de satiété au cerveau. Lors de la consommation de nourriture, cette enzyme stimule les neurones anorexigènes dans l'hypothalamus, provoquant ainsi un arrêt de l'ingestion alimentaire. Malheureusement, un régime trop riche en graisses inhibe son activité, altérant ainsi l'axe intestin-cerveau et dérégulant le contrôle de l'appétit.
Pour démontrer cela, les chercheurs ont étudié des souris dénuées de cette enzyme. En les nourrissant avec un régime gras, il a été observé qu'elles perdaient progressivement la capacité de s'arrêter de manger, s'alimentant ainsi davantage que leurs homologues normaux, ce qui entraînait des problèmes d'obésité et de stéatose hépatique.
des perspectives de traitement novatrices
Les découvertes de cette étude ouvrent la voie à de nouvelles stratégies contre l'obésité. Patrice Cani, professeur à l'Université Catholique de Louvain, souligne que ce dysfonctionnement peut expliquer pourquoi les personnes en surpoids éprouvent une faim permanente : "Nous avons identifié un mécanisme clé dans la régulation du métabolisme, ce qui pourrait permettre de mieux comprendre leurs comportements alimentaires et de développer des solutions adaptées".
Les résultats pourraient également mener à des traitements thérapeutiques visant à réguler l'appétit. Des solutions pourraient inclure l'administration de molécules produites par l'enzyme, ou même des approches visant à empêcher sa dégradation. Est également en cours une recherche sur l'injection de la bactérie Akkermansia, qui permettrait de rétablir la communication entre l'intestin et le cerveau. Une start-up ambitionne de commercialiser un complément alimentaire basé sur ces découvertes d'ici trois ans.







