Tandis que les risques sanitaires liés à une mauvaise alimentation préoccupent les autorités de santé, les géants de l'agroalimentaire, Danone, Bjorg et Krisprolls, ont pris la décision inattendue de retirer le nutri-score de certains de leurs produits. Cette décision soulève des interrogations sur la transparence des acteurs industriels et son impact sur la santé publique.
Un revirement inattendu chez Danone
Danone, qui s'était positionnée comme un des pionniers du nutri-score, a surpris en annonçant l'abandon de cet affichage sur certains de ses produits vedettes. Introduit en 2017, ce label coloré, classant les aliments de A à E, était mis en avant pour promouvoir des choix alimentaires plus sains. Toutefois, un changement récent du barème de calcul, plus exigeant, a provoqué la rétrogradation de certains produits emblématiques de la marque, tels que les yaourts Actimel et Danonino, qui ont vu leurs notes chuter de B à D en raison de leurs niveaux de sucre supérieurs à ceux du Coca-Cola. En optant pour ne plus afficher le nutri-score, Danone semble protéger ses intérêts marketing au détriment de la transparence nutritionnelle.
Bjorg et Krisprolls emboîtent le pas
Ce n'est pas seulement Danone qui fait marche arrière. Les marques Bjorg et Krisprolls, connues pour leurs produits bio et sains, ont également opté pour le retrait du nutri-score. Avec le durcissement du barème, de nombreux produits de ces gammes ont vu leurs notes se dégrader, ce qui a conduit la société Ecotone, propriétaire de Bjorg, à retirer discrètement le nutri-score de ses emballages. Au lieu de cela, Ecotone promeut le Planet-Score, un indicateur axé sur la durabilité environnementale, masquant ainsi la baisse des évaluations nutritionnelles.
Planet-Score : un nouveau visage pour Bjorg
La transition vers le Planet-Score est presque imperceptible pour les consommateurs, remplaçant le nutri-score par un nouvel indicateur qui met en avant des critères écologiques plutôt que nutritionnels. Bien que 99 % des produits de la marque soient classés A ou B, cette manœuvre suscite des interrogations sur la nécessité d'une telle substitution, surtout lorsque d'autres certifications coexistent déjà sur les emballages.
Un enjeu de santé publique
Ces mouvements suscitent des inquiétudes chez les spécialistes de la santé qui considèrent le nutri-score comme un outil essentiel pour orienter les consommateurs vers des choix alimentaires éclairés. Alors que le taux d'obésité et les maladies cardiovasculaires continuent de croître, une régulation stricte du système d'affichage nutritionnel apparaît primordiale, incitant des organisations comme UFC-Que Choisir à demander une obligation d’utilisation du nutri-score afin d’assurer la transparence et la sécurité alimentaire des consommateurs.







