Un chef français a remporté le premier prix des Bocuse d'Or.
Les grandes innovations naissent souvent de curieux amalgames. C'est le cas du prestigieux concours gastronomique, le Bocuse d'Or, célébrant cette année ses vingt ans d'existence.
Origines du concours
Tout débute au milieu des années 80. Albert Romain, responsable du tout nouvel espace EUREXPO à Lyon, veut attirer l'attention sur un salon dédié aux métiers de bouche. Avec Paul Bocuse, il imagine un concours de cuisine d'envergure mondiale, se tenant tous les deux ans. "Pas un petit concours local !, s'exclame Paul. Nous voulons un événement qui fasse parler de lui à l'international !" Ce défi colossal donne naissance en 1987 au premier concours de cuisine, présidé par Joël Robuchon.
Règles et pratiques
Chaque pays participant envoie un chef et un commis. Les duos réalisent deux plats à partir d'une viande et d'un poisson imposés, en l'espace de cinq heures pour chacun. Les assiettes, soumises à un jury en vestes blanches, sont évaluées sur la présentation et le goût, le tout sous le regard du public. Le premier lauréat, Jacky Fréon, repart en 1987 avec un trophée symbolique, une compression d'ustensiles réalisée par un sculpteur.
Un tremplin pour les chefs
Participer au Bocuse d'Or, c'est aussi rencontrer des chefs influents comme Heston Blumenthal et Juan Mari Arzak. La compétition, ardue et pleine de stress, permet aux lauréats de démarrer des carrières prometteuses. Yannick Alléno, Bocuse d'Argent en 1999, souligne l'importance du soutien continu de Paul Bocuse pour les participants. D'ailleurs, Lea Linster, reconnue en 1989 comme la première femme lauréate, a vu son restaurant bondir de popularité après son titre. Fabrice Desvignes, vainqueur en 2007, a offert le sixième trophée à la France. Un ouvrage retraçant les 20 ans du Bocuse d'Or, Chefs du monde, vient de paraître aux éditions Glénat.







