Petit déjeuner : essentiel ou optionnel ? Éclaircissements d'experts.
Depuis l'enfance, il est communément admis que le petit déjeuner est le repas le plus crucial de la journée. Représentant environ 25 % de notre apport calorique quotidien, sauter ce repas pourrait engendrer une fatigue précoce et une prise de poids en raison d'une faim accrue durant la journée. Mais qu'en est-il réellement ?
Des recherches publiées en avril 2019 dans le Journal of American College of Cardiology mentionnent un lien entre l'absence de petit déjeuner et un risque accru de mortalité cardiovasculaire. Bien que ces résultats nécessitent des précautions, plusieurs études évoquent effectivement des risques pour la santé liés à la négligence de ce premier repas. Alors, quelles sont les réalités scientifiques derrière ces affirmations ?
Un besoin de carburant
Le petit déjeuner a pour but de rompre le jeûne nocturne. Philippe Pouillart, spécialiste en santé et nutrition, souligne que nos réserves de sucres sont épuisées au réveil, et que le corps a besoin d'un apport pour maintenir des fonctions vitales telles que la respiration et la réflexion. De plus, le matin est le moment le plus propice pour assimiler protéines et glucides.
Consommer un petit déjeuner aide aussi à prévenir la fatigue en milieu de matinée. « Ce repas est quasi indispensable pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées », explique le Dr Catherine Serfaty, médecin nutritionniste.
À privilégier mais pas indispensable
Cependant, selon le Professeur François Mariotti, il est difficile d'affirmer que ceux qui choisissent de ne pas prendre de petit déjeuner prennent des risques significatifs pour leur santé. Les études restent principalement épidémiologiques, montrant des associations sans établir de véritables relations de cause à effet. Néanmoins, il est conseillé de privilégier le petit déjeuner en raison des tendances observées.
Il est également essentiel de respecter ses besoins individuels. En 2015, des statistiques indiquaient que 20 % des adultes français sautent leur petit déjeuner, souvent par manque de temps. Par conséquent, se forcer à manger n’est pas nécessairement bénéfique. La médecin Monique Romon insiste sur le fait que l'absence de petit déjeuner ne devrait pas être une source de culpabilité, tant que cela correspond aux habitudes d'une personne.
Écouter son corps
Pour ceux qui choisissent de ne pas manger le matin, une approche équilibrée est recommandée. Une légère collation, comme un fruit ou une tranche de pain, peut suffire à maintenir un équilibre glycémiqu. Les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS) soulignent l'importance d'un petit déjeuner varié, santé et adapté à chaque âge.
"Ce n'est pas un mauvais réflexe s'il est adopté depuis longtemps" - Catherine Serfaty, médecin nutritionniste







