Le Croque-notes de François Simon. Cette semaine : La Laiterie, à Lambersart
Parfois, il serait bénéfique que la gastronomie se libère de ses conventions et de ses postures figées. C'est dans cet esprit que le film de Joseph Losey, The Servant, nous rappelle l'importance d'une interaction authentique alors que l'apparence peut tromper. Un bon repas ne doit pas exclure la simplicité et la convivialité. Il est possible de partager des expériences humaines sans prétention, ajoutant un brin de chaleur à chaque interaction.
Dès que vous franchissez les portes de La Laiterie à Lambersart, ces pensées peuvent surgir. Ce soir-là, le propriétaire Benoît Bernard était en pleine forme, sa présence rayonnante et encourageante. Au début, son style tonitruant déstabilise, mais rapidement, son enthousiasme est contagieux. Les tables au décor sophistiqué se laissent séduire par cet homme enthousiaste, aux dreadlocks, dont le charme est à la fois rassurant et ludique.
L'expérience culinaire y est tout aussi surprenante : un cornas à 75 euros s'est transformé en une découverte d'un minervois de Jean Baptiste Senat, bien plus abordable et parfaitement adapté. La cuisine de La Laiterie reflète cette même approche décontractée : créative et audacieuse, chaque plat se démarque par sa générosité tant en goût qu'en présentation. Des mets comme le turbot rôti accompagnés d'un coulant de topinambour ne vous laisseront pas indifférent.
Alors que nous savourions notre tourte de maroilles avec un vin robuste, Benoît a apporté sa bonne humeur, suggérant audacieusement une bière pour accompagner le plat. Contrairement à d'autres, son enthousiasme est un souffle de fraîcheur. La convivialité s'érige ici en mode de vie, nous laissant un sentiment de gratitude. Pour moins de 200 euros, deux convives peuvent se régaler sans compromis, prouvant que l’on peut allier gastronomie et accessibilité.







