Après deux petites filles, vous aspirez à un garçon ? Optez pour la charcuterie et éloignez les yaourts. Info ou intox ? Faisons le point sur les régimes « fille ou garçon ».
"Si vous souhaitez choisir le sexe de votre futur enfant, veuillez laisser un message." C'est ainsi que commence l'annonce du Dr François Papa. Ce gynécologue français a mis en place un régime attirant les parents désireux de varier le sexe de leurs enfants. Son ouvrage, Choisissez le sexe de votre enfant, publié en 1983 et réédité en 2011, suscite encore l'intérêt. Ce régime alimentaire, basé sur des convictions controversées, mérite d'être décortiqué.
Un régime souvent restrictif
Élodie, 34 ans, espérait concevoir un garçon après avoir eu une fille. Pour cela, elle a suivi le régime du Dr Papa, sous l'égide de son médecin, le Dr Benlolo. "J'ai commencé quatre mois avant la conception, et je suis tombée enceinte après deux mois," relate-t-elle. Pendant cette période, la jeune femme a consommé beaucoup de charcuterie et évité les produits laitiers, considérés comme des ennemis pour concevoir un garçon. Les recommandations incluent également une forte consommation de sel, de viande, de jus de fruits frais, de bananes et de pommes de terre, tandis que chocolat, crustacés et œufs sont à proscrire.
Pour concevoir une fille, la diamétralement opposée est requise : trois verres de lait par jour et éloignement de la charcuterie, du café et de nombreux fruits. Élodie se rappelle : "Il était si difficile de s'en tenir à cela. J'ai envisagé d'abandonner tant c'était contraignant."
Une méthode à débattre
L'origine de ce régime repose sur les recherches du Français Joseph Stolkowski des années 1960. Selon lui, le rapport entre potassium, magnésium et calcium pourrait influencer le sexe de l'enfant. En 1977, une thèse a confirmé que les femmes consommant beaucoup de sodium et de potassium avaient principalement des garçons, alors que celles mettant l'accent sur le magnésium et le calcium avaient plutôt des filles. Une étude du Dr Papa a révélé un taux de réussite de 77 %, mais sur seulement 58 femmes suivant rigoureusement le régime. Actuellement, il affirme un succès de plus de 80 % basé sur 4000 patientes. Cependant, son manque d'études récentes remet ses affirmations en question.
Le professeur Israël Nisand, quant à lui, est formel : "Rien ne fonctionne pour déterminer le sexe de l'enfant hormis le tri de spermatozoïdes avant la fécondation, ce qui est illégal en France." Dans son livre, Claude Humeau explique que les croyances autour de cette détermination sont souvent des superstitions. Le Dr Benlolo soutient que la date de conception est plus déterminante que l'alimentation. "Les spermatozoïdes Y sont plus rapides, donc des rapports proches de l'ovulation augmentent les chances d'avoir un garçon," dit-il. Mais ce constat reste sujet à débat.
Risques nutritionnels à considérer
Élodie partage ses préoccupations : "Ce régime a été très difficile sur le plan santé. Mon taux de calcium a fortement chuté." Florence Foucaut, diététicienne, met en garde contre les carences potentielles associées à ces régimes restrictifs qui peuvent freiner une vie sociale normale. Elle souligne l'importance d'un suivi approprié pendant la durée du régime.
Il est crucial d'éviter d'improviser son propre régime sans conseils professionnels. Le Dr Papa insiste sur l'importance d'adapter le régime à chaque femme, notant que des médicaments à base de plantes peuvent interférer avec les résultats. La concrétisation d'un projet de ce type nécessite une forte motivation, patience et un mental préparé à d'éventuels échecs. En fin de compte, il reste une chance sur deux que le régime fonctionne.







