« J’arrête, j’ai donné toute ma vie à mes clients, je vais me reposer »
Le chef triplement étoilé, Marc Veyrat, a récemment décidé de mettre un terme à son activité à l'Auberge de l'Éridan, située à Annecy, en raison de problèmes de santé.
Un métier exigeant
Le métier de chef est bien connu pour être ardu et épuisant. Avec des journées qui commencent aux aurores et se terminent après le départ des derniers clients, les chefs ressentent souvent le poids de leur engagement. Beaucoup débutent à un jeune âge, travaillant ardemment et endurant des horaires de travail extrêmement durs. Au fur et à mesure, ils se heurtent à une réalité parfois difficile, où l'adrénaline de la cuisine rencontre les pressions d'une industrie en constante évolution.
Le condition physique est un facteur critique. Marc Veyrat lui-même a soumis son corps à une pression considérable. Après un grave accident de ski en 2006, il n'a eu d'autre choix que de faire face à des limites physiques. Sa rééducation a été longue, et malgré ses nombreuses opérations, il sait qu'il s'agit d'un combat sur le long terme.
Parcours culinaire phénoménal
Né en 1950 à Annecy, Marc Veyrat a grandi dans une famille de paysans savoyards. Après avoir connu plusieurs échecs dans les écoles hôtelières de son enfance, il a finalement ouvert sa première auberge à l'âge de 28 ans. Son ascension a été rapide : en 1986, il obtient sa première étoile Michelin, suivie d'une seconde l'année suivante. En 1995, il reçoit la très convoitée troisième étoile, consacrant son talent et sa détermination.
La reconnaissance par des personnalités telles que Christian Millau, qui l’a nommé « cuisinier de l’année », a renforcé sa réputation. Veyrat a su allier tradition et innovation, puisant son inspiration des grands chefs tout en développant une identité culinaire unique, ancrée dans son terroir savoyard.
Engagement pour l'écologie
Malgré l’épuisement et la fatigue qui l'accablent, Veyrat n’abandonne pas ses rêves. Il travaille sur la mise en place d'un restaurant écologique à 1 800 mètres d'altitude à Manigod. Prévu pour ouvrir en 2010, ce projet vise à mettre en valeur l'agriculture durable, avec un potager et des systèmes de récupération d'eau. De plus, il envisage également un laboratoire consacré à la cuisine moléculaire près de Prague.
Sa passion pour la gastronomie reste intacte, et même si ses trois étoiles deviennent un souvenir, son esprit d'innovation lui permet d'envisager l'avenir avec optimisme. En réinventant des plats du quotidien à travers son restaurant Cozna Vera, Veyrat démontre que la magie de la cuisine continue de le stimuler. Il embrasse le changement tout en restant fidèle à ses racines, redéfinissant ainsi ce que cela signifie être un grand chef.







